JUIN 2026

LA
NEWSLETTER

Présidentielles et fiscalité 2027 :  Plusieurs visions, mais un même contribuable

À moins d’un an de l’élection présidentielle, la question fiscale s’impose comme l’un des marqueurs les plus révélateurs des projets de société portés par les principaux candidats. 

À l’écoute des programmes des candidats déjà déclarés, ces derniers dessinent des trajectoires radicalement différentes pour le portefeuille des Français.

D’un côté, certains projets entendent poursuivre, voire amplifier, le mouvement engagé depuis plusieurs années : alléger la taxation du capital pour encourager l’investissement. Dans cette logique, le patrimoine est perçu comme un moteur économique. Taxer moins l’immobilier ou les placements financiers reviendrait
à libérer des ressources pour financer l’économie, soutenir l’innovation et éviter la fuite des capitaux. 

Mais ces idées sont contestées. En effet, d’autres propositions assument un retour en force de la fiscalité patrimoniale. Leur objectif : corriger une concentration de richesse jugée excessive et réaffirmer le rôle redistributif de l’impôt. Dans cette optique, les grandes fortunes seraient davantage mises à contribution.

Le sujet des successions cristallise d’ailleurs particulièrement les tensions. Certains y voient un levier essentiel de justice, estimant que l’héritage entretient des inégalités de naissance. D’autres dénoncent une double imposition et défendent le droit de transmettre le fruit d’une vie de travail. Là encore, les lignes de fracture sont nettes. 

Entre ces deux visions, une ligne intermédiaire tente d’émerger. Elle reconnaît la nécessité de ne pas décourager l’investissement tout en cherchant à préserver
un sentiment d’équité. Cela se traduit par des ajustements ciblés : exonérations partielles sur le patrimoine productif, allègements pour les classes moyennes patrimoniales — notamment sur la résidence principale — et réflexion sur une meilleur progressivité des droits de succession. 

Au fond, la fiscalité du patrimoine même si elle restera moins visible que d’autres thèmes de campagne, pourrait bien être, une fois encore, l’un des choix les plus déterminants pour l’avenir du modèle social français.

Chez SAGIS, nous serons attentifs à tous les programmes et décrypterons pour vous les mesures éventuelles à mettre en place (donations, structuration du patrimoine immobilier, arbitrage de placements financiers, etc.). N’hésitez pas également à nous solliciter. 

La campagne présidentielle 2027 a déjà démarré !

Mériadec Portier
Directeur Général

 

Le secrétariat privé : la liberté d’esprit au quotidien

On peut légitimement se sentir dépassés, découragés et parfois anxieux face à la complexité administrative et l’abondance des démarches de toutes sortes.  

Faire appel à un secrétariat privé c’est trouver un relais rassurant qui prendra en charge pour nous les démarches administratives fastidieuses.

• Un assistant personnel, qui explique clairement, relance si nécessaire, et assure un suivi structuré.

• Un soutien précieux dans les moments clés de la vie, maladie, handicap ou perte d’autonomie, décès d’un proche, séparation ou divorce, déménagement, départ à la retraite,

• Une aide réelle pour les publics éloignés du numérique, création de comptes en ligne, démarches dématérialisées, impressions, scans, envois de mails.

Les informations personnelles (santé, finances, situation familiale) sont traitées avec discrétion, et conformément à la réglementation du RGPD.

Il s’agit d’un service flexible et souvent plus abordable qu’on ne l’imagine comparé au temps et au stress économisés.  Sans engagement long, il est possible de faire appel à ce service de façon ponctuelle pour une mission en particulier ou au long cours pour des missions récurrentes. Nous avons rencontré plusieurs acteurs du secteur et sélectionné des prestataires de qualité que nous pourrons vous présenter si vous en exprimez le besoin.

Anouk Grenouilleau
Directeur du Family Office

Les données contenues dans cette publication sont uniquement mentionnées à titre d’information, ne constituent en aucun cas une offre commerciale, un conseil juridique ou fiscal et ne visent pas la situation particulière d’une personne physique ou morale. Nous vous invitons à vérifier ces données auprès des services fiscaux avant utilisation et nous déclinons toute responsabilité en cas de pertes directes ou indirectes liées à l’usage de ces données.

MARCHÉS FINANCIERS

Bilan macro-économique et des marchés financiers depuis le début de l’année 2026

Contexte macro-économique

Depuis le début de l’année 2026, l’économie mondiale évolue dans un environnement marqué par un ralentissement de la croissance, des tensions géopolitiques persistantes et une inflation plus difficile à maîtriser que prévu. Après une phase de relative résilience en 2025, les grandes institutions internationales considèrent désormais que l’économie mondiale entre dans une période de croissance modérée et d’incertitude durable. 

Le principal facteur de dégradation du contexte macroéconomique est le regain des tensions au Moyen-Orient, notamment autour des routes énergétiques stratégiques. Les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz et les tensions sur certaines infrastructures pétrolières ont provoqué une hausse des prix de l’énergie, relançant les pressions inflationnistes à l’échelle mondiale. Cette situation a également entraîné une augmentation des coûts de transport, d’assurance et de production pour de nombreuses entreprises. 

Dans ce contexte, les prévisions de croissance mondiale ont été revues à la baisse. L’OCDE et les Nations unies estiment désormais la croissance mondiale autour
de 2,5 % à 2,9 % en 2026, un niveau inférieur à la moyenne observée avant la pandémie de Covid-19. Les économies avancées ralentissent fortement : la zone euro reste pénalisée par une faible demande intérieure, des coûts énergétiques élevés et une industrie encore fragilisée, tandis que les États-Unis voient leur dynamique économique s’essouffler sous l’effet du resserrement commercial et du ralentissement de la consommation. 

Les politiques commerciales demeurent également un sujet majeur. Les droits de douane américains instaurés ou renforcés depuis 2025 continuent de perturber les échanges mondiaux. Même si certains tarifs ont été réduits, les tensions commerciales entre grandes puissances restent élevées et alimentent l’incertitude des entreprises et des investisseurs. 

Parallèlement, l’inflation mondiale recule plus lentement que prévu. Après le choc inflationniste de 2022-2024, les banques centrales espéraient un retour rapide vers leurs objectifs de stabilité des prix. Cependant, la hausse récente des prix de l’énergie et des matières premières prolonge les tensions inflationnistes. L’inflation des pays du G20 devrait ainsi rester autour de 4 % en 2026 avant un reflux progressif en 2027. Cette situation complique la politique monétaire : plusieurs banques centrales hésitent entre soutenir la croissance par des baisses de taux ou maintenir des taux élevés pour éviter une nouvelle poussée inflationniste. À titre d’exemple, les anticipations de baisses des taux de la FED ont disparu, tandis que 3 hausses de taux de 25 points de base sont anticipées, d’ici la fin de l’année pour la BCE.

Principaux marchés financiers depuis le début de l’année 2026

source : Fidelity et sources internes

Le graphique met en évidence les performances comparées de plusieurs classes d’actifs entre 2025 (barres orange) et 2026 arrêtées au 30 avril (barres bleues). Il illustre un changement profond de régime sur les marchés financiers mondiaux, marqué par un basculement entre les actifs ayant fortement progressé en 2025 et ceux qui dominent désormais en 2026. Cette rotation traduit l’évolution du contexte macroéconomique mondial, caractérisé par un ralentissement de la croissance, une forte incertitude géopolitique et des anticipations de politiques monétaires moins accommodantes.

En 2025, les performances étaient principalement tirées par les matières premières industrielles et certains marchés actions internationaux. Le cuivre affiche ainsi une progression spectaculaire de +64,6 %, reflétant les anticipations liées à la transition énergétique, aux besoins d’infrastructures et au regain d’activité industrielle mondiale. Les marchés actions européens et émergents ont également fortement progressé : le FTSE MIB italien gagne +41,1 %, le MSCI Emerging Markets +38,1 %, tandis que le Hang Seng, le Nikkei ou encore le FTSE 100 enregistrent des hausses comprises entre +25 % et +35 %. À noter que l’indice phare français (CAC40) a enregistré une performance moins spectaculaire, de +10.4%. Cette dynamique globale s’expliquait alors par l’optimisme des investisseurs concernant l’atterrissage en douceur de l’économie mondiale et l’espoir d’un début de baisse des taux directeurs.

En revanche, les performances observées en 2026 montrent un changement radical dans les préférences des investisseurs. Les actifs les plus performants deviennent désormais l’énergie et les actifs refuges. Le Brent de pétrole progresse de +87,4 %, conséquence directe des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient et des perturbations sur certaines routes stratégiques du commerce mondial. Cette flambée des prix de l’énergie alimente les craintes inflationnistes et pénalise les perspectives de croissance des économies importatrices de pétrole.

L’or apparaît toujours comme un actif attractif avec une performance proche de +7 %, mais avec une volatilité en forte hausse (effondrement en mars) et après une année 2025 déjà solide. Cette progression traduit une recherche accrue de sécurité de la part des investisseurs face à l’incertitude économique, aux tensions géopolitiques et à la volatilité des marchés financiers. Les obligations souveraines (« Bunds » allemands ou dette américaine) affichent quant à elles des performances proches de zéro, signe que les marchés anticipent un ralentissement économique mais restent prudents concernant l’évolution future de l’inflation et des taux d’intérêt.

Du côté des marchés actions, la situation est plus contrastée. Les indices européens et asiatiques conservent des performances positives mais nettement inférieures à celles de 2025. Le Nikkei japonais progresse encore de +18,7 %, tandis que le Bovespa brésilien, le MSCI Emerging Markets ou le Nasdaq enregistrent des gains plus modérés. À l’inverse, certains indices accusent des replis, comme le DAX allemand ou certains segments obligataires à haut rendement. Cette dispersion reflète les inquiétudes croissantes liées au ralentissement du commerce mondial et à la dégradation des marges des entreprises sous l’effet de la hausse des coûts énergétiques.

Enfin, le graphique montre clairement une rotation sectorielle et géographique des flux financiers. Alors que 2025 récompensait principalement les actifs cycliques et la prise de risque, 2026 favorise davantage les actifs liés à l’énergie, aux matières premières stratégiques et aux valeurs défensives. Les investisseurs privilégient désormais les secteurs capables de résister à un environnement de croissance plus faible et d’inflation persistante. Cette évolution confirme l’entrée des marchés dans une phase plus prudente, dominée par la recherche de visibilité et la gestion des risques macroéconomiques.

Conclusion / Perspectives

Depuis le 8 avril 2026 dernier, date de la mise en vigueur du cessez le feu entre les États-Unis et l’Iran, les marchés d’actions ont significativement rebondi dans un premier temps, pour perdre à nouveau du terrain ces dernières semaines, face à l’enlisement des négociations entre les belligérants. Les marchés obligataires ont réagi plus négativement avec une tension de 20 à 30 points de base sur les taux 10 ans de la plupart des pays développés. À titre d’exemple, l’OAT 10 ans (Obligations du Trésor français) a été très proche d’atteindre le seuil des 4% dernièrement. Concrètement, les investisseurs anticipent aujourd’hui 3 hausses de taux directeurs en zone euro et aux États-Unis, ils ont annulé les baisses jusqu’alors anticipées pour stimuler l’économie. Ainsi, les marchés obligataires étant plus pessimistes que les indices actions, il est probable que les marchés dans leur ensemble redoutent davantage une poussée inflationniste à court terme qu’un effondrement de l’activité économique. 

Quoiqu’il en soit, américains et iraniens prennent encore à ce jour en otage l’économie mondiale et les conséquences stagflationnistes seront d’autant plus importantes en cas d’enlisement. En cas de résolution rapide, il est possible que ce soit encore une fois l’Europe qui ait le plus de mal à rebondir, alors que les États-Unis ou même l’Asie semblent être en meilleure posture. 

Achevé de rédiger le 22/05/2026

Didier Pruvost
Directeur des Gestions

Donner du sens au patrimoine : le Fonds de dotation

Le fonds de dotation est une personne morale de droit privé à but non lucratif dont l’objectif est la réalisation d’œuvres d’intérêt général. Outil juridique simple et attractif, il a été créé en août 2008 pour apporter plus de souplesse aux porteurs de projets.

Les missions doivent être clairement définies dès le départ et obligatoirement servir l’intérêt général. Cette notion sous-entend que l’activité ne doit pas être lucrative, sa gestion doit être désintéressée et le fonds ne doit pas réserver ses actions à un cercle restreint de personnes.

Les domaines suivants sont par exemple considérés comme servant l’intérêt général : la préservation d’un patrimoine artistique, la recherche contre le cancer ou encore la protection de la nature.

Le fondateur peut être une ou plusieurs personnes physiques, personnes morales à but non lucratif (association, syndicat, fondation etc.) ou encore une société commerciale ou industrielle dès lors que l’activité du fonds ne constitue pas le prolongement d’une activité lucrative.

Pour mener à bien ses missions, le fonds de dotation a vocation à recevoir des biens et des droits. Ces apports sont réalisés à titre gratuit et sont irrévocables. Il peut s’agir de valeurs mobilières, de biens immobiliers ou d’espèces.

Point important : il est nécessaire de préciser si les dotations seront ou non consomptibles. Par exemple, si un portefeuille de titres est apporté, il faudra définir si seuls les revenus peuvent être utilisés pour mener à bien la mission.

La création du fonds de dotation peut être réalisée en quelques semaines environ et comprend :

• Le dépôt d’une déclaration de création à la préfecture accompagné des statuts. Ces derniers précisent notamment la durée du fonds, la composition de son conseil d’administration, son objet précis ainsi que ses revenus à venir.

• La dotation initiale minimale en numéraire de 15 000€.

À titre d’exemple, pour une fondation, cette dotation est de 1 500 000 € et il faudra recueillir une autorisation administrative auprès du ministère ainsi qu’un décret en Conseil d’État. Le délai de mise en place peut aller jusqu’à 24 mois.

La mission du fonds de dotation pourra être réalisée directement par lui et/ou pourra être confiée à d’autres organismes à but non lucratif. 

Une personne peut réaliser un legs prévoyant la création d’un fonds de dotation après son décès. Le fonds devra alors acquérir la personnalité morale dans l’année qui suit l’ouverture de la succession.

Sur le plan fiscal, le fonds de dotation ne relève en principe pas des impôts commerciaux (IS, CET et TVA). 

Pour les donateurs, le fonds de dotation peut être éligible au régime fiscal du mécénat et sous certaines conditions permettre :

• Une réduction d’impôt sur le revenu égale à 66% du montant des dons effectués par les particuliers (avec une limite de 20% du revenu imposable). 

• Une réduction d’IS égale à 60% du montant des versements effectués par des entreprises dans la limite la plus élevée entre 20 000€ et 0,5% du chiffre d’affaires HT.

• Une exonération des droits d’enregistrement applicables aux dons et legs.

Un accompagnement par des professionnels (avocat, notaire, expert-comptable) est indispensable pour la création d’un fonds de dotation.

Mylène Fourcade
Family Officer

AVERTISSEMENT

La valeur d’un investissement et les revenus attachés peuvent varier à la hausse comme à la baisse. Certains peuvent présenter des risques de perte en capital.
Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cette publication ne peut être reproduite en totalité ou partie sans autorisation de Sagis AM. 
Les informations contenues dans ce document sont le reflet de notre analyse et de celle de nos gérants partenaires, gérants des fonds maîtres des compartiments nourriciers S TEMPO de l’OPCVM Sagis Invest à la date d’édition, fondées sur des sources considérées comme fiables. Aucune information contenue dans cette publication ne constitue une offre ou une sollicitation de notre part de fournir un conseil ou un service d’investissement ou pour acheter ou vendre des instruments financiers. Nous déclinons toute responsabilité en cas de pertes directes ou indirectes. Les données figurant dans cette publication sont fournies à titre d’information uniquement.