FÉVRIER 2026

LA
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Un monde s’achève, un autre s’organise.

Ce n’est pas le monde qui change, mais nous, qui changeons de monde.

La nuance est subtile, mais elle est essentielle. Car ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas une simple succession de cycles économiques, de crises financières ou de réformes réglementaires. C’est un basculement plus profond : un changement de référentiel.

Pendant longtemps, la gestion de patrimoine s’est construite sur des repères stables : croissance continue, taux d’intérêt positifs, inflation maîtrisée, mondialisation fluide. Ces certitudes ont façonné des stratégies patrimoniales prudentes, parfois routinières. Or, ces piliers se sont déplacés. Tensions géopolitiques, conflits, fragilisation du droit international, guerres commerciales et arrivée de l’Intelligence Artificielle redessinent le paysage.

Dans ce nouveau monde, les anciens réflexes ne suffisent plus. L’investisseur n’est plus seulement à la recherche de rendement, il est désormais confronté à un arbitrage permanent entre sécurité, performance et sens. Les portefeuilles financiers doivent composer avec l’incertitude structurelle, et la diversification devient autant géographique que thématique. L’investissement immobilier doit intégrer les enjeux énergétiques.

Changer de monde, c’est aussi accepter que le patrimoine ne se résume plus à une accumulation de lignes comptables. Il est un outil de projection, de transmission et d’alignement avec des valeurs. La gestion de patrimoine entre ainsi dans une ère plus exigeante : celle du conseil sur mesure, de la pédagogie et de l’anticipation. Le monde n’a pas changé par accident. Il appelle simplement à changer de regard, de méthodes et de priorités. Car s’adapter n’est plus une option, c’est la condition pour durer. 

Changer de monde implique d’être bien accompagné. Notre équipe de Family Officers et d’ingénieurs patrimoniaux en fait une conviction quotidienne à votre service. Nous sommes très heureux d’avoir renforcé notre équipe avec, d’une part, l’arrivée en décembre 2025 de l’équipe de FAMILITY, comme nous vous l’avions annoncé, d’autre part le recrutement de Mylène Fourcade en tant que Family Officer Senior. SAGIS se développe et renforce ainsi son expertise. Vous trouverez ci-dessous la photo de l’ensemble de l’équipe du département Family Office.

Mériadec Portier
Directeur Général

Les données contenues dans cette publication sont uniquement mentionnées à titre d’information, ne constituent en aucun cas une offre commerciale, un conseil juridique ou fiscal et ne visent pas la situation particulière d’une personne physique ou morale. Nous vous invitons à vérifier ces données auprès des services fiscaux avant utilisation et nous déclinons toute responsabilité en cas de pertes directes ou indirectes liées à l’usage de ces données.

MARCHÉS FINANCIERS

Contexte macro-économique

Source : DNCA. Source des images : Open AI, générée au 31/12/2025. Ces images ont été générées par une intelligence artificielle.
Elles sont utilisées conformément aux conditions d’utilisation de l’outil de génération d’images.

Nouvel ordre mondial

L’année 2025 a été marquée par de nombreux bouleversements au niveau géopolitique. Les conflits armés en Ukraine et au Moyen Orient, largement médiatisés, n’ont finalement eu que très peu d’impact sur les marchés financiers. En revanche, la politique protectionniste de l’administration américaine, y compris vis-à-vis
de l’Europe, a fracturé l’alliance occidentale qui prévalait depuis plus de quarante ans, tandis que les liens se resserraient entre les pays dits émergents, en particulier entre l’Inde, la Chine et la Russie. Pour autant, même si les États-Unis ont cultivé avec une certaine arrogance cette nouvelle politique isolationniste, ils ont confirmé en 2025 leur avance pour ne pas dire leur hégémonie sur la révolution mondiale de l’intelligence artificielle. Des investissements gigantesques ont été annoncés
par les « magnats » du secteur, reportant à plus tard l’éclatement d’une éventuelle bulle des valorisations sur ce segment.

Croissance économique

En 2025, plusieurs menaces ont plané sur l’économie mondiale en général et américaine en particulier. En premier lieu, l’inflation persistante aux États-Unis, dont le niveau s’est établi autour de 2.8% dernièrement, a été un motif d’inquiétude tout au long de l’année pour la Federal Reserve américaine et son président J. Powell. Loin de la cible affichée à 2%, et surtout potentiellement menacé par la forte hausse des droits de douane, ce niveau d’inflation a incontestablement freiné
la FED en l’empêchant de mener une politique plus accommodante. Par ailleurs, la morosité du marché de l’emploi a également entretenu une menace sur l’activité
économique. En fait, la résilience de l’économie s’explique, une fois de plus, par une consommation des ménages bien orientée, bien que très concentrée
sur les ménages les plus aisés, et également par un regain de l’investissement des entreprises, notamment dans l’IA (Intelligence artificielle).

En Chine, la demande intérieure est restée en berne, avec des ménages chinois plombés par leurs actifs immobiliers, et le principal moteur de croissance, basé
sur les exportations, a été menacé par les droits de douane mis en place par l’administration américaine. Heureusement pour ce pays, la baisse des exportations chinoises vers les États-Unis a été plus que compensée par les exportations vers les autres régions du monde.

L’Europe de son côté a également fait preuve de résilience malgré les problèmes politiques récurrents de la France et le modèle économique allemand à réinventer. Les pays nordiques et du sud ont montré une belle dynamique, tandis que l’Allemagne a su remettre en cause son logiciel en acceptant de mettre en place une politique de relance budgétaire de grande ampleur pour les prochaines années, concernant l’armement, mais aussi plus généralement les infrastructures du pays.

Principaux marchés financiers en 2025

Le fait majeur de l’année 2025, pour une gestion internationale, aura été la baisse du dollar contre l’euro de 10% et jusqu’à 15% en cours d’année. Ainsi, même si les indices américains ont continué de progresser en monnaie locale, une fois traduits en euros, ces mêmes indices ont largement marqué le pas, par rapport
aux années précédentes. À titre d’exemple, l’indice S&P 500, représentatif des grandes capitalisations aux États-Unis, n’a progressé que de 3.6% en euros en 2025. En revanche, les marchés européens ont surperformé leurs homologues américains, en particulier en début d’année, et les indices représentatifs de la zone
ont souvent progressé de plus de 20%. Notons que les indices des valeurs moyennes (mid caps) ont également fait bonne figure, ce qui n’avait pas été le cas depuis
au moins une dizaine d’années. Enfin, toujours sur les actions, les pays émergents, notamment favorisés par la baisse du dollar, ont progressé en moyenne de 18% pour les indices exprimés en euros.

Ce paysage indique que les investisseurs sont allés chercher de la performance dans des zones géographiques et secteurs d’activité relativement délaissés ces dernières années. Ainsi, en dehors des États-Unis, les hausses ont été moins concentrées que les années précédentes et les investisseurs ont pu bénéficier du rattrapage de secteurs décotés (dits « value »).

Sur les marchés obligataires, les performances ont été décevantes. En effet, les baisses de taux courts ne se sont pas répercutées sur les taux longs, plus influencés par
le creusement des déficits budgétaires et l’augmentation quasi-structurelle de la dette des États. Ainsi, pénalisé par des tensions sur les taux longs, un indice d’emprunt d’État de la zone euro n’a progressé que de 0.6%. Il fallait donc aller chercher du crédit, c’est-à-dire des obligations émises par des entreprises pour capter des rendements entre 3% et 5% en fonction du risque émetteur. 

Source : DNCA

Flambée de l’or

Un mot sur l’or qui a progressé de 42% en 2025. Plusieurs explications fondamentales peuvent justifier cette flambée du métal jaune. Très progressivement, le statut de monnaie de réserve du dollar s’effrite, ce qui bénéficie à l’or ; concrètement plusieurs institutions internationales, dont les banques centrales, peuvent vendre du dollar en faveur de l’or. Par ailleurs, dans ces temps agités, caractérisés par la mise en place de nouvelles règles du jeu, comme l’instauration de droits de douane, ou la possible perte d’indépendance de la Banque Centrale Américaine (FED), l’or peut être perçu comme une valeur refuge, d’autant plus que l’alternative Bitcoin n’a pas fonctionné en 2025. Pour autant, nos gérants partenaires, dont certains ont pris des positions sur l’or, sont pour la plupart sceptiques sur la pérennité du mouvement, car ce marché est assez étroit avec de grosses mains, et également de nombreux spéculateurs. Cet actif devrait plus être considéré comme une source de diversification qu’une valeur refuge, car il pourrait s’avérer très risqué, à l’heure où la fièvre vient de gagner les particuliers, ce qui n’est jamais bon signe.
À consommer avec (beaucoup de) modération…

Conclusion / Perspectives

Les perspectives pour 2026 s’annoncent relativement favorables, malgré « une marche du monde » quelque peu désorganisée ou tout au moins en évolution permanente et souvent chaotique. La croissance résiste et pourrait être mieux répartie entre les différentes régions du globe et secteurs d’activité. Certes, la « révolution intelligence artificielle » reste un moteur central de l’économie américaine, mais les valeurs de ce secteur se payent particulièrement cher, ce qui implique des attentes énormes, potentiellement synonymes de déceptions futures. 

M&G, le meilleur gérant de l’année 2025 chez Sagis, a réalisé une performance de plus de 13% en étant investi à hauteur de 40% en moyenne en actions, et sans exposition aux valeurs américaines ou technologiques. En effet, ce gérant a préféré se positionner sur l’Europe et les pays émergents, bénéficiant de valorisations attractives sur des secteurs délaissés et décotés. 

Cette stratégie pourrait s’avérer particulièrement adaptée, encore en 2026. En effet, dans ces marchés haussiers, il semble préférable de privilégier une grande
diversification, d’éviter les valeurs trop à la mode, ainsi que l’effet moutonnier si bien reflété dans les indices.

Didier Pruvost
Directeur des Gestions

AVERTISSEMENT

La valeur d’un investissement et les revenus attachés peuvent varier à la hausse comme à la baisse. Certains peuvent présenter des risques de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Cette publication ne peut être reproduite en totalité ou partie sans autorisation de Sagis AM. Les informations contenues dans ce document sont le reflet de notre analyse et de celle de nos gérants partenaires, gérants des fon ds maîtres des compartiments nourriciers S TEMPO de l’OPCVM Sagis Invest à la date d’édition, fondées sur des sources considérées comme fiables. Aucune information contenue dans cette publication ne constitue une offre ou une sollicitation de notre part de fournir un conseil ou un service d’investissement ou pour acheter ou vendre des instruments financiers. Nous déclinons toute responsabilité en cas de pertes directes ou indirectes. Les données figurant dans cette publication sont fournies à titre d’information uniquement.

Loi de finances 2026, principales mesures*

Hausse des prélèvements sociaux (PS) désormais portés à 18,6% sur certains revenus du patrimoine et des placements :

Le taux de CSG augmente de +1,4%, et passe ainsi de 9,2% à 10,6% ; le taux global de PS de 18,6% concerne notamment les dividendes, le PER, les plus-values (PV) mobilières, les PV professionnelles à long terme, et les revenus de la location meublée non professionnelle.

En revanche, elle ne concerne pas l’assurance-vie, les produits attachés aux bons ou contrats de capitalisation, les revenus fonciers, les PV immobilières, l’épargne réglementée et l’épargne logement.

Création d’une nouvelle taxe sur les holdings patrimoniales :

Cette taxe de 20% vise les holdings patrimoniales dont la valeur vénale des actifs est supérieure ou égale à 5 M€, détenues au moins à 50% par une personne physique (et son « cercle familial »), et dont les revenus passifs (dividendes, loyers) représentent plus de 50% du total des produits d’exploitation et financiers. 

Elle s’applique uniquement à la valeur des actifs somptuaires (biens affectés à l’exercice de la chasse ou de la pêche, véhicules de tourisme, yachts, bateaux de plaisance, bijoux, métaux précieux, chevaux de course, vins et alcools, logements dont la personne physique contrôlante se réserve la jouissance, occupation gratuite, etc.).

Les œuvres d’art et de collection sont exclues du champ d’application de cette taxe.

Durcissement du régime de l’apport-cession :

L’article 150-0 B ter du CGI prévoit un mécanisme de report d’imposition de la PV constatée au moment de l’apport de titres à une société contrôlée par l’apporteur. Ce report prenait fin lorsque les titres étaient cédés dans un délai de 3 ans, sauf engagement de réinvestir une partie du produit de cession dans une société ayant une activité opérationnelle éligible, dans un délai de 2 ans à compter de la cession. 

Avec la loi de finances : 

  • le taux de réinvestissement passe de 60% à 70%,
  • le délai pour réinvestir est porté de 2 à 3 ans,
  • les biens acquis en remploi doivent être conservés 5 ans,
  • les activités financières et immobilières (hormis l’hôtellerie) sont exclues du champ des activités éligibles.

Prorogation de la CDHR :

La CDHR, qui conduit à imposer les contribuables à hauteur de 20% au titre de l’IRPP, est prorogée jusqu’à ce que le déficit public passe sous le seuil de 3% du PIB. Le mécanisme d’acompte, payable au mois de décembre de l’année de perception des revenus, demeure inchangé.

Aménagement du Pacte Dutreil :

Le « Pacte Dutreil », qui permet une exonération de 75% des droits de mutation à titre gratuit sur la valeur des titres transmis, évolue :

  • les actifs non affectés à l’exercice d’une activité professionnelle sont exclus du bénéfice de l’exonération,
  • la durée de conservation des titres dans le cadre de l’engagement individuel est portée de 4 à 6 ans.

Avènement du « dispositif Jeanbrun » :

Ce nouveau statut s’adresse aux particuliers mettant en location des logements situés dans des immeubles d’habitation collectifs. Il vise à encourager la location de longue durée. Il instaure un régime fiscal dédié pour les revenus locatifs, distinct des revenus fonciers et des BIC, dans lequel les bailleurs peuvent amortir leur bien (sous conditions de plafond de loyer et de ressources du locataire). En contrepartie, le démembrement de propriété est exclu et les amortissements sont réintégrés dans le calcul de la PV à la cession.

Marion Le Coguiec
Ingénieur patrimonial

*liste non exhaustive

AVERTISSEMENT

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